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Author: Jakez
• Jeudi, juillet 01st, 2010

C’est un peu saugrenu
Il était né de mère juive
Et de père inconnu
A Jérusalem Tel Aviv

Aucune bienvenue
Pas une seule âme qui vive
Aucune prière naïve
C’est un peu saugrenu

Il vint au champ que l’on cultive
Sans plainte retenue
Et sans déconvenue
Il était né de mère juive

En termes convenus
Les rassembla près de la rive
Il était né pour qu’on le suive
Et de père inconnu

Fallait il que l’histoire arrive
Ce vendredi tout nu
Il s’appelait Jésus
A Jérusalem Tel Aviv

Tiré du recueil La vie s’en va

Author: Jakez
• Mercredi, juin 30th, 2010

Dors ma chienne noire et rousse
Dors mon enfant blanc et bleu
Dors ma femme brune et douce
Le soleil dans tes cheveux

Le ciel qui n’en finit pas
De noircir, d’être mauvais
Et j’avance pas à pas
Sans bien savoir où je vais

Dors amie le vent s’en vient
Par delà les arbres blancs
Et les sombres pénitents

Rien ne bouge hors les enfants
Rien ne sera comme avant
Amie si tu le veux bien

tiré du recueil La vie s’en va

Author: Jakez
• Mercredi, juin 30th, 2010

Quand le fourgon m’emportera
Vous serez tous les cinq unis
Et personne d’autre autour de moi
Ni parents famille ou amis

Je veux aussi que mon cercueil
Passe tout devant une église
Un boulanger et une école
Et puis entre trois pierres grises

Vous ne choisirez pas de place
Dans le cimetière de Meung
Je suis le premier de ma race
Et j’y reposerai demain

Vous me mettrez sous une pierre
En ardoise bleue de la Loire
Et sans la croix des cimetières
Seul mon nom servira d’histoire.

Je ne veux surtout pas de fleurs
Pendant tout mon enterrement
De discours, de messe ou d’honneurs
Mais vous cinq et moi seulement

Vous rentrerez à la maison
Vous écouterez deux chansons
L’œillet rouge de Mélina
Dont’t cry for me Argentina

Et puis la vie vous reprendra
Mais chaque année vous reviendrez
M’offrir un bouquet de lilas
La seule fleur que j’ai aimée.

tiré du recueil La vie s’en va

Author: Jakez
• Mercredi, juin 30th, 2010

Il est des mondes incertains
Où je me retrouve parfois
Il est des tableaux levantins
Où j’aimerais être avec toi

Il est des lumières oranges
Que mes yeux ne voient déjà plus
Il est des musiques étranges
Que mon oreille a retenues

Il est des caresses douces
Qui doucement dressent mon corps
Il est des toisons toute rousses
Où je m’enfouis où je me meurs

Il est un amour qui se perd
Mais que je partage avec toi
Il est un fou qui désespère
De n’être plus jamais le roi

Il n’est plus rien qui m’intéresse
Hormis le vent hormis la mer
Il n’est plus rien qui ne me laisse
Sur mes lèvres un goût amer

tiré du recueil La vie s’en va

Author: Jakez
• Lundi, juin 28th, 2010

Le livre est terminé
Mais la vie continue
C’est comme un vieux ciné
Qu’on ne reverra plus

Une mauvaise année
Un paradis perdu
Un temple profané
Un temps bien mal vécu

Bientôt un nouveau né
Au pas des pas perdus
Un peu de destinée
Un peu d’amour déçu

Un cerveau trépané
La mort comme seul but
La mer a ramené
Ce qu’elle a bien voulu

A quoi bon ranimer
Le feu cet inconnu
Soldat enrubanné
Marie je vous salue

La vie cette traînée
A pris son lourd tribut
Amie abandonnée
La vie n’est plus vécue

Le coffre est condamné
Avec la main dessus
La vierge profanée
Ne m’a pas répondu

Ais je bien trop flâné
Ou trop souvent déçu
Nous n’irons plus donner
Et la terre est vendue

Mon Dieu mon enchaîné
Le reste est superflu
Le livre est terminé
Mais la vie continue

tiré du recueil Fracas

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Author: Jakez
• Lundi, juin 28th, 2010

Quand on a cru tenir une main

Qui déjà réchauffait notre cœur

Quand on a cru soudain au bonheur

A l’espoir fou et au lendemain

Quand on a imaginé l’humain

Tout derrière le pauvre pêcheur

Et qu’on est devenu voyageur

A la recherche du parchemin

Alors là on a été heureux

Oui tout simplement un homme heureux

Homme simple sans forfanterie

Mais un jour la main s’est échappée

Comme çà sans avis d’avarie

Et l’on a pleuré d’être trompé

tiré du recueil Fracas

Category: Fracas  | Leave a Comment
Author: Jakez
• Lundi, décembre 28th, 2009

Il n’est rien d’aussi beau
Qu’une femme
Si ce n’est un oiseau
Il n’est rien d’aussi grand
Qu’une flamme
Si ce n’est un enfant

Il n’est rien d’aussi doux
Qu’un baiser
Si ce n’est ce froufrou
Il n’est rien d’aussi fort
Qu’un bûcher
Si ce n’est la mort

Il n’est rien d’aussi terne
Qu’un hiver
Si ce n’est Maltaverne
Il n’est rien d’aussi blanc
Que la mer
Si ce n’est l’océan

Il n’est rien d’aussi rare
Qu’un bonheur
Si ce n’est la gabare
Il n’est rien d’aussi sourd
Qu’un rameur
Si ce n’est l’amour

Il n’est rien d’aussi vain
Que l’espoir
Si ce n’est le levain
Il n’est rien d’aussi fou
Que de croire
En nous

Il n’est rien d’aussi froid
Que tes yeux
Si ce n’est la loi
Il n’est rien d’aussi bleu
Que tes cheveux
Dans mes yeux

Il n’est finalement rien
Qui n’égale
Et ton corps sous mes mains
Et ta forêt noire
Et ton opale
D’ivoire
Ce soir

tiré du recueil  La vie s’en va

Author: Jakez
• Samedi, novembre 28th, 2009

Il est parti le beau ienien
Et depuis ce matin je pleure
Laissez moi seul à mon chagrin
Le ciel est gris, Gordon est mort

Que de journées passées ensemble
Moi moins seul à cause de toi
L’instant où la sonnette tremble
Quand la tristesse devient joie

Cette chanson dans cette lettre
Pour ta compagne qui t’attend
Pour cet enfant qui fut ton maître
Et pour moi qui compte le temps

Cette chanson vient des enfants
Et où tu es tu dois l’entendre
La caisse est vide et l’air absent
De ta douceur, de ton oeil tendre

Tu n’auras plus peur de l’orage
Du crépitement des fusils
Dors Quitus, tout est calme et sage
Sur les trottoirs du paradis

Il y a des odeurs partout
Maintenant au long du chemin
Et de grands lits moelleux et doux
Où tu te coules beau ienien

Et tout le monde te regarde
Et tu chemines au gré du vent
Il n’y a que le jour qui tarde
A se coucher sur nos onze ans

Cette caresse dans ma main
Est suspendue comme orpheline
Comme cette fleur du jardin
Tombée à terre qu’on piétine.

Fils de chien tout est donc fini
La vie est courte quand on aime
Adieu mon chien adieu poème
Gordon est mort le ciel est gris

tiré du recueil La vie s’en va

Author: Jakez
• Lundi, octobre 12th, 2009

J’ai échappé aux sortilèges de Médée
Aux poisons de Lucrèce
Aux envoûtements mélodieux des déesses
Aux reines suicidées

J’ai traversé le Wadi Roum et la Judée
Evité la tigresse
J’ai rapporté de l’Amazonie l’orchidée
Des Incas les richesses

J’ai combattu toutes les armées d’infidèles
Et reconstruit Babel
Et j’ai bu l’élixir de Joseph Balsamo

Et moi sur ton chemin
Comme un lion magnifique roi des animaux
Je mange dans ta main

tiré du recueil Fracas

Category: Fracas  | Leave a Comment
Author: Jakez
• Lundi, octobre 12th, 2009

Donne ta main petite fille
Le ciel repose sur le toit
Et l’ombre pèse sur le bois
Quand l’oison brise sa coquille

Le nuage comme cédille
Tout là haut nous montre du doigt
La feuille verte au vent tournoie
Le merle chante à la charmille

Faisons encore un petit pas
Avant de prendre le repas
A la table de bois doré

Le temps s’étire délicieux
Je regarde s’évaporer
Le bonheur dans tes petits yeux

tiré du recueil Fracas

Category: Fracas  | Leave a Comment