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The Green Man
mai
28

Le murmure douloureux de l’homme seul

Quelle Histoire. Quand un homme décide de franchir le pas, en dérision d’un courage, et de dire, bruire, révéler la vérité qui un temps protégea les victimes d’un système oppresseur.

Le collaborationniste.

En détournant la roue, l’Homme Vert non seulement dépasse la période brune où les exilés de Judée furent soufflés par le vent délateur. Il laisse également derrière lui les bourreaux blancs devenus la proie des bleus sans culotte ou les fielleux fous de foi dénonciateurs d’hérétiques. L’Homme Vert remonte aux premiers de vos êtres, aux Adams jaloux d’Eves et de serpents, ces hommes qui rapportent la pomme au maitre pour ne pas finir solitaire.

La chute du collabo est éternelle. Elle commence quand il trace un cercle autour de lui et déclare: “ici, c’est moi. C’est chez moi, alors…”.

L’homme seul se met en garde. Il se protège, tente de repousser les menaces, les vagues d’invasions déferlantes. Mais chez lui est friable, c’est un château de sable. Sous lui, il n’y a rien. Le néant, aussi béant que sa détresse. Alors donc, alors l’homme seul se venge, contre lui-même, il dénonce, il vend, il collabore. Le cercle se referme, il s’étrangle, renie sa part d’homme et devient traitre.

Bien sûr, l’empathie de l’Homme Vert pourrait porter sur l’objet du commerce, les sacrifiés, migrants, apatrides. Les différents. Il voit néanmoins le Judas. Il pleure la souffrance du collaborationniste, celle qu’il inflige, qu’il cache à côté de son cœur.

Aujourd’hui les gens de l’Hexagone oublient le murmure de l’Histoire. Ils traitent les sans-papiers comme leurs injustes pairs traitèrent leurs frères, juifs, nomades, invertis. A la tête du sacerdoce de la honte, ou plutôt du Ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire, ils placent le roi des traitres, comme si le symbole avait besoin d’enflure.

Oui l’Homme Vert pleure le collabo, sa solitude, sa douleur, son cri sourd dans l’abime. Mais avant tout l’Homme Vert tourne la roue. Car si en ce temps résonne l’appel à la délation, toute Histoire appelle une révolution.

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déc
26

Premier jour et dernière nuit

En ces temps où la nuit recule, l’Homme Vert appose sur cette page une histoire - est-elle vraie ? - un conte de Noël qu’il dédie aux quatre restés là-bas qu’en un instant proche il enlacera.

Un étranger, un voyageur.

Ses pas en ce jour le mènent à l’Est du monde, au berceau d’une civilisation sauvage, d’une sagesse parée d’atouts guerriers, d’une grandeur distillée depuis dans l’immensité des steppes. L’étranger sait-il qu’il foule une herbe poussant sur les ruines de grands empires?

Plus personne ne vit aux alentours, l’horizon s’étend à gauche, à droite, derrière lui, à des centaines de kilomètres sans rien, sans un arbre, animal ou homme. Devant lui, la prairie s’arrête pourtant, barrée par une rivière courante et claire. Et de l’autre côté du cours d’eau, une montagne. Fière, majestueuse, témoin d’un glorieux passé.

Haut dans le ciel, le soleil siège sur un ciel bleu, éclatant, sans nuage.

L’étranger marche libre de toute hâte. Il avance, calmement, vers la rivière. Il ne sait pourquoi il s’y rend. Il le veut, tout simplement, et rien, pense-t-il, ne pourra l’en détourner. Plus que quelques pas et il touchera l’eau vive. Quelques mètres qui ne représentent pas grand chose pour un but qu’il n’appréhende pas.

Soudain, sur sa droite, au lointain, s’élève un bruit sourd. L’étranger tourne la tête. Il aperçoit sur la ligne de l’horizon un nuage de poussière. Et ce qui brasse cette poussière se rapproche rapidement.

L’étranger s’immobilise. La peur. Le cerveau se paralyse, les pensées blanchissent, le cœur s’envole. Le temps que sa peau sue sa terreur, le nuage révèle son créateur. C’est un chien, jaune, qui court à sa rencontre. Sa course est puissante, droite; C’est une flèche volant vers sa cible, un rai venu s’écraser sur l’étranger.

Panique. L’impact aura lieu dans quelques secondes. Le cerveau s’emballe, les pensées s’emmêlent, suivent l’amble déformé du cœur. Doit-il fuir, franchir ces quelques mètres qui en paraissent maintenant mille et plonger dans la rivière ? Doit-il faire face au danger, se battre comme un loup contre le chien ? L’étranger jette un dernier regard à la montagne.

La sentinelle de pierre attend. Pendant une seconde, un silence. un souffle. Une première pensée.

Finalement, l’étranger ne fait rien, il laisse faire, laisse le chien le dévorer, s’il le doit. Lâcher prise.

A cet instant, le chien jaune est sur lui.

L’animal, lancé par sa course, bondit… et le lèche, de toute sa bave. Il tourne autour de l’étranger, joyeux, s’amuse avec lui comme s’ils se connaissaient déjà, depuis fort longtemps.

La peur s’efface, comme elle apparut, en un coup de vent.

Suivi de son nouveau compagnon, l’étranger s’approche de la rivière. Il goutte à l’eau presque sucrée venue du cœur de la montagne puis s’endort paisiblement sous le soleil. A son réveil, le chien jaune est là, bienveillant.

L’étranger se lève et décide de repartir. Il rend hommage à la rivière et sa montagne, puis tourne les talons. Le chien repart alors en trombe et en quelques secondes, disparait à l’horizon.

Quand l’étranger choisit de revenir en ce lieu, le soleil a fait déjà quelques révolutions. Demain, le voyageur quittera la terre de l’Est. Avant ça, il souhaite présenter pour la dernière fois ses respects à la rivière et sa montagne.

Il fait nuit. A cette heure, il est imprudent de marcher seul, sans arme, sur les ruines du monde. C’est le temps des ombres, de la chasse nocturne, des prédateurs et de leur proie.

L’étranger n’en a cure. Le ciel étoilé est somptueux, des milliers d’astres éclairent la montagne d’un voile de fées et les sons clairs de l’eau qui court devant lui composent une musique douce à son oreille. Si le danger rode, il n’est que la magie du moment.

A l’approche de la rivière, la prairie s’interrompt et présente un léger renfoncement, formant un plateau en dessous duquel l’étranger peut s’abriter, tout en laissant sa main caresser les flots. Il reste là, suspendu au temps, regardant la rivière et la montagne, les étoiles et le monde.

Quand il entend, ou plutôt ressent une présence à sa droite, à quelques pas. Se forçant à tourner la tête, il aperçoit, terrifié, un chien, noir, longeant la rivière contre le plateau, doucement, silencieusement, vers sa pâture.

L’étranger voit son cœur bondir, et pense un instant bondir avec lui, déguerpir, courir et crier son horreur. Et pourtant, il laisse faire, s’abandonne à la bête qui glisse vers lui. L’animal s’arrête à portée d’haleine, puis s’assoie. Elle ne le mangera pas.

L’étranger, qui s’était brusquement levé, lentement se rassoie, offrant à sa peur la décence de se retirer.

Devant ce sanctuaire pastoral, l’homme et la bête demeurent quelque éternité. C’est le dernier moment. Il passe.

Puis l’homme et la bête se lèvent et rebroussent chemin, chacun dans leur coin. Au bout d’un temps, le voyageur se retourne. Derrière la nuit, derrière la montagne, cette rivière, cette terre se cache un monde, un voile un instant levé. L’instant s’en est allé.

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nov
8

Paradigme

Il est de ces mots que le vent transporte, secoue, dépèce, avale. Ces mots un jour ressurgissent des profondeurs obscures de l’amnésie pour échouer à l’orée du domaine de l’Homme Vert. L’un de ces vocables oubliés résonne de curieuse façon. Etrange mot en effet que Paradigme. Il tambourine comme les pistons d’une locomotive. Paradigme, paradigme, paradigme… Inconnu du commun, le voilà sur toutes les lèvres érudites, celles du journaliste de la culture physique ou de l’expert en science es cité, à celles de l’intellectuel des marchés. De ce type de marché où se marchande la marche du monde.

Paradigme est un modèle, un Parangon. Attention, pas n’importe quel parangon. C’est un mot complexe qui se croit digne. Le Paradigme est un snob, un modèle embourgeoisé. Il se veut rassurant, le représentant de l’ordre établi. L’ordre du monde. Or les fondations de votre monde ont tremblé depuis que l’Homme Vert s’est réveillé.

La roue du temps version HokusaïLe modèle des marchés, la puissance des financiers ont engendré des monstres buveurs d’argent, des monstres à la soif centrifuge, des abysses où s’engouffrent les richesses matérielles de votre société. Si vous regardez les dizaines de siècles durant lesquels votre histoire s’est écrite, jamais vous n’avez produit assez pour rivaliser avec les milliards de milliards de dollars virtuels qui viennent de partir en fumée. Ne vous trompez pas, le paradigme, vision cohérente du monde, n’est qu’illusion. Il est le reflet de la lune sur le nuage. Un Parasélène.

Rien n’est immuable, ni les anciens paradigmes, ni les nouveaux, matérialistes ou mystiques. La roue a tournée, tourne encore et tournera demain. L’Homme Vert convient du désir puéril, de cette peur subconsciente qui pousse les hommes à bâtir des remparts, à se récréer au jeu du grand architecte. Pourtant il ne le comprend pas. Le modèle que vous érigez aujourd’hui s’effondrera demain. Les hommes ne sont que des petits cochons dans les griffes du Grand Méchant Tout.

Amassez de l’argent tant que vous le voulez, collectionnez les maisons, les timbres, les conquêtes, les croyances mais ne vous y attachez pas. L’Homme Vert dit toujours qu’il faut profiter en sachant que rien ne dure. Et accepter de tout perdre. Oh rassurez-vous, L’Homme Vert dit ça, mais il n’a jamais eu toute sa tête. Elle se tient depuis longtemps déjà à ses côté. Elle regarde vos paradigmes s’écrouler.

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sept
26

Le roux de la roue

L’Homme Vert voit rouge. Correction: il voit du rouge. Partout. L’heure est aux velléités de révoltes. La poussière s’envole en gros paquets des Ho-chi-Min Partisane barbes blanche d’Engels, Marx et Pannekoek. On les rase même, gratis, histoire de leur donner un coup de jeune. Le Rouge est tendance.

L’Homme Vert aime bien le rouge. Non pas qu’il soit rouge lui-même, puisque l’Homme Vert est vert. Mais il s’accommode bien de sa compagnie. Le rouge est chaud, bouillonnant. Il s’énerve, il s’emporte, il casse. Le rouge est marrant. Il explique à qui veut que le monde est laid, qu’il ne va pas bien, qu’il est malade. Malade de la folie bleue.

C’est vrai que le bleu est fort, qu’il est froid. Le bleu est aveugle des misères des autres. Le bleu a le teint halé, le bleu aime le pouvoir et l’argent. Le bleu se paie le soleil, il rit en pissant sur la souffrance du monde.

C’est ce que dit le rouge.

Il est marrant le rouge, vraiment. Pour peu, il serait religieux. Venu sur terre pour sauver les hommes, le rouge porte sa croix. Son marteau pardon. Et sa faux. Il y a quelque chose de défunt chez le rouge. Une force destructrice, une pulsion shivaïste. Le besoin de dénoncer un système, de secouer ses fondations jusqu’à l’écroulement. De niveler.

Un symbole soviétique

Passé la révolution, le rouge voit la vie en rose. Il rêve. Il rêve de grandeur, de bonheur, de travailleurs. Il s’imagine une nation des hommes heureuse d’évoluer pour le bien, l’égalité, pour construire, produire, s’épanouir. De fait, il n’aspire qu’à remplacer un système par un autre système. Et gare à ceux qui oseront s’en écarter. Car l’égalité chez le rouge s’oppose à la différence. Au marginal de disparaitre, de s’exécuter. Sommairement.

Et puis, qu’importe le système, qu’il soit bleu ou rouge. Derrière le système se cache toujours un homme. Un seul. Les théories misent en place ne servent que lui. C’est lui le rouge, qu’il s’appelle Vladimir, Joseph ou Mao. L’Homme Vert l’a vu tourner la roue. Il l’a regardé, sa tête à ses côtés. Il a vu ce qui suinte de la roue. C’était du sang. Du sang rouge, du sang bleu, du sang des blancs. Une égalité de sang. Il n’y a plus de différence devant le sang.

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juil
8

Le mur du çon

Ce qui fut sera.

L’Histoire, votre Histoire, se rejoue sans cesse. De symboles Elle se tresse.

Regardez vos derniers présidents, vos monarques de la République.

De Gaulle est un symbole.

Mitterrand également.

Et Sarkozy ? Pas moins.

Honneur aux gens d’arme, commençons par Charles. Charles était un Grand Con. C’est ainsi du moins que Churchill, entre deux cigares et trois shots de pur malt, se remémorait avec affection le général.

L\'Entente Cordiale

Perfide Albion…

Un grand con, comme symbole, c’est un peu court. Et puis, les grands cons, ça court les rues. L’Homme Vert préfère voir en Charles un bouclier. Un mur. De Gaulle devient The Wall, le mur derrière lequel à son appel on se rallie. Un 18 juin, sur les hauteurs de la Colline Blanche de Kaerlud, soufflera le vent des hommes libres.

Ce mur, le grand Charles l’incarne déjà aux jours de mai 1940, si l’on en croit votre calendrier, protégeant pour un temps sa Gaule de l’invasion vert-de-gris. Une poignée de victoires dans les sables de Laodunum retient l’espoir, espoir que les coups des lances ennemies balayeront vite. Pour un lustre.

Toute sa vie, le mari de tante Yvonne symbolisera cette grande muraille d’échine, celle qui ne courbe pas.

Il est celui qui écrit dès sa jeunesse que ‘La fortification de son territoire est pour la France une nécessité permanente‘ et l’encourage à ‘la cristallisation, l’exaltation de ses énergies par la défense des places‘.

Celui qui protège la Communauté Économique Européenne des velléités d’adhésion de l’Union Jack, le Cheval de Troie américain. Celui qui dresse les bras ouverts ce rideau de fumée sur l’Algérie ensanglantée. Ou forge à Ville-Marie, là où la rivière se réduit, l’ultime bastion du Québec face à l’oppression.

Enfin, il est le dernier rempart contre la chienlit des bourgeois estudiantins et des prolos des usines.

Oui, Charles de Gaulle est The Wall.

C’est con un mur.

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juin
9

Tectonique des glauques

La roue tourne, toujours.

Hier, l’homme vert sortait du bois. Depuis, il prend connaissance de ce Monde. Il écoute. Il entend.

Il entend le roi qui se meurt. Demain. Le puissant des cinq continents dérive. Les Etats-Unis prennent peur. Et les nouveaux prétendants arrivent…

Aujourd’hui, un cri lancé par d’ambitieuses nations sonne l’hallali de l’ogre américain. La Chine, la Russie, bientôt le Brésil et l’Inde, et pourquoi pas l’Europe n’ont cure que de la curée. Qui aura l’honneur d’arracher les attributs de leur victime? Qui portera la couronne à sa tête? Qui brandira l’épée?

Le Serment des Horaces - David

Si l’animal souffle encore, il est aux aboies. Au delà du marasme de leurs maisons de bois, du fiel de leur fioul, les Etats-Unis s’enfoncent dans un puits qu’ils croyaient nombril du monde et qui s’avère humble trou du cul. Le modèle américain se voute. L’Américain modèle doute. Un vent de défaite s’abat sur leurs têtes.

Attendre un sauveur. Voilà ce qu’il faut. Il y a toujours un sauveur. Ce pourrait bien être cet homme mélangé, celui qui clame qu’ils peuvent changer. Et pourtant l’Américain modèle doute encore. Il pense même que l’homme mélangé va droit vers la mort. Comme pour Bobby avant lui, la roue tourne et se répète.

Il pourrait s’armer de patience, en attendant d’attendre. Mais l’Américain modèle s’impatiente. Alors il s’arme. Méchamment. Et le Chinois modèle s’arme avec lui, et le Britannique. Et le Russe. La valse des épées a commencé.

Pendant ce temps, l’homme vert a posé sa tête à son côté et regarde la roue tourner.

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juin
4

L’Orée du Bois

Sur le chemin qui borde l’Autre Monde, à la frontière, il est de ces moments rares où la bête couronnée de rameaux surgit et vous fait face. Vos regards se croisent. Un instant. Le temps d’avoir peur et de la voir s’échapper.

Plus précieux encore à la rencontre des Mondes, ou plus dangereux, est l’apparition de l’homme vert. Signe de changement, il est roue du temps. Là, aux regards croisés point de fuite possible. L’homme vert vous offre ce qu’il vous prend.

Sur le chemin de ce blog, l’homme vert compte vous donner énormément…

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